vendredi 4 août 2006 00h27
je ne suis pas fatiguée,
pas encore.
oui.
c'est comme cela
que je dois commencer.
peut-être
un préambule?
car il me manque encore quelque chose.
le temps inexorablement
me dépasse.
je ne suis pas tout à fait prête.
mais ce jour est
à inscrire.
je m'y soumets.
non sans
plaisir.
ma nuit dernière,
comme une révélation,
lisant les premières pages d'un nouveau roman.
je me suis laissée
dire que l'envie était l'écriture.
elle est toujours liée.
j'ai beau essayer de tirer
les fils,
rien n'y fait!
tu restes
en face.
mon échec est cuisant!
j'ai quelque six heures
de décalage horaire dans les dents.
la nuit ne veut plus m'accueillir.
la perte de repères
me rend plutôt jolie!
à philadelphie,
j'ai changé mes boucles.
rafraîchi ma nuque.
100° fahrenheit à new york.
mon sang chaud n'a presque pas résisté.
la pluie suisse
me va finalement mieux.
tu aurais dû
être désolé pour moi.
cette année encore,
je ne serai pas sur la piazza grande de locarno.
au loin,
je n'entends pas le train siffler.
pas de terrasse à laquelle
j'attends.
mon carnet est vide d'écrits.
aucun homme
sur le quai.
son sac à l'épaule.
je ne me retourne
plus.
il me regarde,
fier d'avoir été jusqu'au bout.
ce que je vois,
je suis bien obligée de le croire.
tu es là.
une image qui ne
me quitte plus depuis lors.
je le jure,
la tentative de l'oubli
ne fonctionne pas.
je suis de bonne volonté!
mais rien
n'y fait.
et toi?
j'ai le bonheur/malheur
de tout avoir gardé.
je me savais nostalgique!
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